Écrit par Claudia Fragomeni

La fameuse réunion de lundi matin

Parce qu’en ce lundi matin, 9h05, encore en train de penser à votre date de samedi soir, le film vu au ciné la veille, votre prise de tête avec votre belle-mère ou la violente dispute entre vos deux bambins, votre boss vous convie dans son bureau. Invitation à effet immédiat.

Là, vous retrouvez Carole du service Event, Chris du market, Elsa des RS et Joël de l’équipe digitale.

Entre des « bonjour » timides lâchés et des regards hagards échangés, votre boss prononce sans retenue, sans avertissement, sans veine tremblante, sans détour… « Le nouveau site doit sortir dans 10 jours et
vous êtes « l’équipe projet » qui allait mener le bébé ! Soyez fiers, j’attends beaucoup de vous ! »

Et voilà. le glas a sonné. Vous allez travailler en « mode projet ».

Une organisation inspirationnelle ? les Bisounours, c’était un dessin animé, pas la réalité !

Le mode projet, sur le papier, c’est plutôt sympa.
D’après le blog du cadresenmission,

  • Il fluidifie la collaboration entre les différents métiers et les entreprises amenées à travailler ensemble.
  • Il orchestre des projets complexes, qui n’auraient pu voir le jour par le biais d’un mode d’organisation plus classique et hiérarchisé.
  • Il offre une meilleure maîtrise de l’environnement et des processus, ce qui engendre une réduction du temps nécessaire à l’aboutissement du projet.
  • Il rationalise la charge de travail des membres de l’équipe.
  • Il développe la coopération, la communication et la confiance entre les personnes impliquées dans le projet.
  • Il permet aux collaborateurs de sortir de leurs tâches habituelles pour acquérir de nouvelles compétences.
  • Il génère de la motivation, de la responsabilisation et l’innovation.

Parfois cela fonctionne et des personnalités se révèlent. Et parfois…entre fluidifier les relations et créer des tensions, le fil est mince.

La sélection des heureux participants du projet résonne comme l’annonce du casting de Hunger games orchestré par le directeur où le survivant, sous entendu celui qui aura sorti le plus grand nombre de sourires et de smileys dans les emails tout en pulvérisant toute crédibilité des autres personnes de l’équipe projet, se verra récompenser de la belle prime de quelques milliers d’euros brut annuel représentant en net l’équivalent de nos 2 verres de Côte de Rhône d’un jeudi soir !

Politiquement incorrect de penser à voix haute que c’est du bullshit ?

La réponse est clairement oui.
C’est un peu comme les fameux quotas dans l’entreprise. Politiquement incorrect de dire que tu représentes le quota et politiquement incorrect de dire que c’est du bullshit que d’avoir instauré une embauche minimum de «personnes différentes».

Collaborer avec des personnalités travaillant dans d’autres départements, les découvrir en tant que personne, comprendre leurs charges de travail peuvent améliorer la compréhension et le bien-être des salariés d’une direction et donc du travail en interne (tout plein d’articles à retrouver sur ce thème http://bit.ly/jobsarticle).
Mais encore faut-il que cette action ne soit pas simplement issue d’une idée stratégique pensée par la hiérarchie et menée par le management, sans avoir préalablement réfléchi aux personnalités qui formeront l’équipe.

La difficulté de la mise en place de l’équipe est tout aussi importante que le projet lui-même. Voilà la subtilité !

Je pense sincèrement que certaines personnes de part leurs personnalités, caractère et/ou background et expérience ne sont pas faites pour intégrer un jeu d’équipe.

Et cela n’est absolument pas une critique négative !
Aimer jouer seul(e), mener un projet seul, coordonner une équipe ou être le chef d’orchestre de sa propre vie et de ses dossiers ne traduisent pas ici que vous êtes un être égoïste, et que vous enviez Tom Hanks sur son île déserte !

Comment m’épanouir personnellement si je ne suis donc pas fait pour travailler en mode projet  ?

Tout dépend de la perception mentale que vous allez en faire. Brooke Castillo* explique dans son podcast #1 que les pensées créent nos émotions et que ces dernières engendrent des actions ou non-actions.

Prenons la première partie de son raisonnement que je trouve révolutionnaire ! Simple mais encore fallait-il associer les mots appropriés et dans le bon ordre pour en tirer la conclusion suivante = Nos pensées créent nos émotions.

Prenons l’exemple d’une promotion interne ou bien d’un entretien qui a merveilleusement bien réussi et qui va vous amener à une place encore jamais occupée.
Quelles sont vos premières réactions ? Devrais-je dire vos pensées ? « Je pense pas que je vais réussir ! » « je vais pas être à la hauteur ! » « J’en suis sûre, je vais me planter ! »

Et ces pensées qui fleurissement allégrement dans votre cerveau vont engendrer des émotions de peur, de stress, de transpiration, d’impression de suffoquement … etc.

Imaginons donc que l’on vous parachute dans cette équipe projet sans vous en avoir préalablement averti et, avouons-le nous, sans en avoir la moindre envie. La meilleure réaction et seul conseil que je puisse vous donner serait donc de vous raisonner.
Travailler sur vos pensées, essayer de mettre par écrit les avantages et bénéfices que vous allez en tirer.
Sans vous promettre de vous révéler et de briller de mille flammes dans ce process, à minima, les émotions de peur, d’inconnu et de frustration disparaîtront pour des émotions plus digestes et raisonnées.

Faisons tomber le masque, il n’y aucune honte à avoir de ne pas vouloir, ni aimer ou faire partie d’une équipe projet. En revanche, quand votre participation est imposée, n’oubliez pas que vos pensées vont générer vos émotions.
Et celles-ci impacteront directement votre humeur.

*Brooke Castillo, co-fondatrice et CEO de l’école online Life coach school